1ere réunion publique le 2 février 2017

Les tracts distribués dans la rue ont fait mouche, la salle polyvalente de la MVA est pleine comme un oeuf. Combien sommes-nous, 120 peut-être. Cette première réunion publique est l’occasion de prendre le pouls de la ville : Malakoff est vivante, vibrante. En attente d’une étincelle pour se rencontrer, se parler, faire ensemble.

Petite montée de stress avant de saisir le micro. « Nous vous avons conviés ce soir pour vous parler d’un projet qui nous tient à coeur. Nous voulons ouvrir un café associatif à Malakoff. Avec vous », lance Odri. Les visages sont attentifs. Chacun veut comprendre la genèse du projet, qui le porte, dans quel but.

Tout a démarré au printemps 2016 avec la concertation publique Malakoff et moi. Les habitants ont proposé de « créer un lieu de vie, de passage, type bar associatif, un café avec débats, rencontres, concerts ». L’idée, déjà évoquée il y a vingt ans, était restée dans les cartons. L’heure est venue de la concrétiser.

Nous sommes six ou sept à nous être retroussés les manches. Autour d’une même table, nous avons beaucoup réfléchi à l’identité du futur café. La mairie approuve et soutient le projet, mais c’est nous-mêmes, habitants, citoyens, qui conduisons la barque. Aucun de nous n’a jamais tenu de bar. Cela pimente l’aventure.

Emmanuel est l’un des porteurs du projet : « Nous imaginons un lieu collaboratif, indépendant, participatif, solidaire, éthique ». La salle a peut-être d’autres attentes, nous décidons de la sonder. « Que vous évoque le concept de café associatif ? », interroge Freda. Les mots fusent : convivialité, rencontre, joie, apolitique, débat, concert, ateliers, boire un coup, nourriture bio, respect, écologie, partage…

Pour aider à se projeter, nous diffusons des vidéos qui présentent quatre cafés associatifs en activité. Le 3C, à Aix-en-Provence, s’autofinance grâce au bar et aux adhésions. Les adhérents décident de tout collectivement. Ils bricolent, cuisinent, participent à la programmation du lieu. À Marseille, l’Équitable café regroupe un bar, une épicerie bio, un espace enfant, une bibliothèque. Adhésion obligatoire à prix libre. Le café associatif à Comberanche-Épeluche invite chaque adhérent à participer à sa manière, pour être plus qu’un simple consommateur. Six euros la cotisation. À Pernety (Paris 14e), le Moulin à café a onze ans d’existence, cinq salariés, des dizaines de bénévoles et de multiples activités – gratuites – à son agenda.

Anne-Marie se lève et prend la parole. «

 Je fréquente le Moulin à café, c’est une belle expérience. J’y vais pour le cadre convivial, ouvert. Il y a de la place pour un tel café à Malakoff. Il faut se lancer, le lieu évoluera avec le temps ».

Des remerciements sont adressés à Patchamama, l’épicerie bio toute juste fermée et déjà regrettée pour son ambiance chaleureuse, sa capacité à créer du lien. Une jeune fille relate son expérience de service civique dans un café associatif. Le lien et la mixité passent par la culture, celle qui parle à tout le monde et pas à une élite, dit-elle. Jean-Renaud Seignolles, maire-adjoint à la démocratie locale, assure que la municipalité respectera l’indépendance de l’initiative, qu’il soutient personnellement.

Dans le feu de l’action, nous organisons quatre ateliers. Les participants se placent librement autour des tables.

L’atelier « lieu » émet l’idée d’un stand éphémère sur les marchés, ou d’un bus itinérant parcourant la ville et proposant soupe, thé et café. L’ancienne Sécu, en face du mail Thorez, est citée comme possible lieu d’implantation, de même qu’un duplex vide rue Voltaire. Faut-il choisir le nord ou le sud ? La question fait débat.

L’atelier « financement » lance des pistes en vrac pour récupérer de l’argent : brocante, collecte, appel de fonds, demande de subventions publiques et privées. Il est proposé de s’inspirer du plan financier du Moulin à café.

L’atelier « fonctionnement » insiste sur les notions d’autonomie intellectuelle, de liberté d’action et d’indépendance. Certains alertent sur l’importance des statuts de la future association, de façon à éviter une prise de pouvoir par une personne ou un groupe.

L’atelier « activités » regorge d’idées : troc, ludothèque, ateliers (dessin, cuisines du monde, écriture, théâtre, contes, hip-hop), soirées à thèmes (musique, philosophie, documentaires), débats et conférences, tableau d’échange de services (« j’ai besoin / j’offre »). La discussion s’anime autour de la nourriture et des boissons : viande ou non, alcool ou non.

Aucune décision ne sera prise ce soir mais la réflexion a bien progressé. Notre feuille de route se précise : nous allons créer une association et continuer de mobiliser les habitants. Pour qu’un café associatif ouvre prochainement ses portes à Malakoff.

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